Beauté, humeur et humour mélangés pour un savant mélange de Eau de Moi!
J'ai beaucoup hésité à écrire ceci. Parce que si je l'écris, c'est que ça existe vraiment; j'ai pas envie d'être cette personne. Mais pourtant je ne peux plus faire semblant, parce que je ne peux plus le cacher. Je suis enfermée dedans.
Il y a plusieurs années, j'ai fait une dépression nerveuse. Majeure la dépression. Six mois d'arrêt dont 3 passés au fond de mon lit, parce que je n'avais plus de force, parce que tout mon système nerveux m'avait lâchement laissé tomber; parce que aller de mon lit à la salle de bains revenait pour moi à courir le marathon de New York.
Et puis je m'en suis sortie, j'ai repris la cours de ma vie à coup d'antidépresseurs et de thérapie. Mais le problème avec ce genre de truc, c'est que ça laisse des traces dans ton système. Ca s'installe insidieusement et tu restes fragilisé, à vie.
Je suis beaucoup moins forte que je ne l'étais; les choses, les gens m'affectent là où d'autres ni prêteraient aucune attention.
Cet été, j'allais faire des courses, une belle journée, normal quoi. Et tout d'un coup, sur la route entre chez moi et l'hyper, une vague de chaleur, ma vision s'est brouillée, et je me suis sentie partir, envahie par une peur irrationnelle de mourir: j'ai fait une crise d'angoisse, une attaque panique en gros.
Pendant presque deux mois, j'ai été incapable de repasser par ce chemin. Dès que j'approchais de l'endroit où j'avais eu cette crise, je sentais les symptômes remonter en moi. Et puis un jour, je me suis réapprochée de ce chemin, et là plus rien: c'était parti, comme c'était venu.
Je me suis félicitée d'avoir réussi à surmonter ce truc, et j'ai oublié.
Et puis la semaine dernière, un tour en ville avec Mamour, on décide de rentrer par l'autoroute et là rebelote: impossible de respirer, sensation que je vais mourir. On est sortis en vitesse de la Rocade et on est rentrés par un autre chemin. Et en approchant de la maison, on reprend le fameux tronçon où je m'étais sentie si mal cet été et paf, de nouveau la panique.
Jusqu'à présent, ça ne m'était arrivé que si MOI je conduisais; si quelqu'un d'autre était au volant, ça ne me faisait ni chaud ni froid.
Mais là en quelques jours les symptômes vont en crescendo: je ne peux plus être dans une voiture, que se soit moi ou un autre qui conduise, si je suis sur une route où l'on roule à plus de 50 ou s'il n'y a pas d'endroits pour s'arrêter sur le bas côté. C'est l'angoisse du "rail de sécurité". J'ai peur de me sentir mal et de ne pas pouvoir m'arrêter, et qu'on me rentre dedans.
Tout ceci est bien sûr totalement irrationnel; c'est ce qu'on appèle de l'agoraphobie. Faire un trajet en voiture ne serait-ce que très court me coûte une énergie folle, je suis crevée, et je suis surtout terrorisée.
J'ai vu mon médecin qui m'a dit que celà se soignait, et qui m'a donné un traitement à commencer. Le truc m'a rendu malade et 4 fois plus angoissée. Je l'ai donc rappelé, il est parti 5 jours, et sa remplacante m'a prescrit du Xanax.
Je suis donc complètement droguée et groggy, j'ai juste envie de dormir, et je dois m'occuper de mon petit bout d'homme qui ne mérite pas d'avoir une maman dans cet état.
Qu'est-ce qui a provoqué ça? J'ai comme l'impression que ma recherche d'emploi qui ne donne rien, être avec le petit 24h/24 7j/7 sans contact adulte, au fond de ma campagne, que tout ça m'a rendu neurasthénique.
Et ça va devenir un cercle vicieux, car comment chercher du travail si je ne peux pas me rendre à un entretien?
Pour le moment je peux encore me déplacer autour de chez moi, sur mes petites routes de campagnes, et tous les jours avec Mamour nous faisons un aller-retour sur le fameux tronçon pour me désensibiliser. Le pire c'est que je défaille presque le temps d'y arriver, je pleure, je tremble, mais quand je suis dessus je n'ai pas peur! J'ai peur d'avoir peur, c'est pas terrible ça???
Tout ça pour te dire que c'est pas la grande forme, mais surtout pas pour que tu me plaignes: ça ne sert à rien, ce n'est pas productif. Mais ça va aller mieux, ne t'inquiète pas; et promis la semaine prochaine, Lundi ça sera pas Raviolis!